melimelodit

comme moi comme mon pseudo un méli-mélo de tout ce que j'ai envie de dire et de faire découvrir

13 mai 2006

MEFAITS DIVERS.MALFAISANTS DIVERS

Samedi soir dernier. Ma wonder et moi au soleil, sur la terrasse, au soleil, un peu de rhum arrangé dans un grand verre de coca. Debriefing hebdomadaire. Les tdc ont chaussé les rollers, prêté un vélo au tdc de wonderma. J’ai préparé des fèves en compote, et un poulet roti aux pommes de terre et même des fraises. Pour compenser des crêpes du week-end dernier.Tdc3 et moi, nous avons fait un petit jardin sur la terrasse pour faire pousser de la menthe-bergamotte, des capucines, du basilic, de la sauge… Bientôt ça sentira bon. Elle sera folle de joie quand ses fleurs sortiront. TDC de wonderma vient sous le balcon pour nous dire qu’il a perdu TDC3. TDC2 tape le ballon de foot un peu plus loin. TDC1 est avec nous, elle nous joue un sketch de Gad Elmale, qu’elle connaît par cœur. Ca nous fait bien rire. TDC2 et TDC de WM reviennent sous le balcon : TDC 3 a disparu. En trois secondes je suis en bas dans le parc. C’est fou comme ce genre de truc fait flipper et comme à ce moment là l’imagination s’affole. On appelle, on cherche partout, on se met à 4 pattes sous les buissons, on va dans tous les recoins. On voit défiler des images qu’on préfère effacer aussitôt fuir effacer… Non c’est pas possible, on n’a vu personne dans le parc, elle est quelque part et tout va se calmer. Tous les parents ont déjà vécu ce speed terrible. Un truc qui donne la chiasse, qui vrille tout le corps, un moment où l’on se dit non pas moi…pas elle…pas nous. TDC3 était montée chez sa nouvelle copine au troisième du bâtiment les acacias… Ouf tout se desserre… Pendant ce temps, dans deux coins de France, deux enfants disparaissaient. Leurs parents ne réalisaient sûrement pas tout de suite. Puis tout à coup, leur esprit s’affolait, leurs yeux cherchaient vraiment, et le reste du monde n’existait plus. Juste leurs yeux pour chercher, leur voix pour appeler, dans le vide. Et plus jamais de réponse, plus jamais cet enfant qui revient en souriant. Et la vie qui s’effondre dans un vide incommensurable, insupportable… A jamais. Comment imaginer cette douleur. Inutile d’essayer. Bien sûr, il n’y a rien à dire sur cette souffrance dont nous espérons tous qu’elle ne nous atteindra jamais. Simplement penser à cet enfant sur lequel s’est abattue tant de cruauté de folie, à ce regard innocent qui a croisé quelques secondes celui d’un salaud. Les mots sont inutiles finalement. Et puis hier, c’est une autre folie, une autre cruauté qui se déchaînent sans raison. Ou plutôt pour des raisons inadmissibles. Un homme qui ne supporte pas la différence et qui décide de faire son propre nettoyage à coup de fusil. Il existe donc vraiment des personnes dont le but est de nettoyer leur pays des étrangers….Ce qui me vient aux oreilles lorsque je vais au bord de terrains de foot, peut donc aller jusqu’au crime…Jamais je ne comprendrai le dégoût et la haine que peut déchaîner une couleur de peau. Hier soir, en regardant les infos, j’ai vu l’image de cet homme à terre, blessé par les policiers. Il était pitoyable. La tête relevée comme un animal prisonnier. Mon premier sentiment est que je ne supporte pas de voir un être humain quel qu’il soit plaqué au sol, les membres liés, blessé. Mais en même temps ce qu’il venait de faire, méritait il encore qu’on le laisse debout… Je ne sais pas. La aussi je suis sans voix, là aussi les mots sont inutiles. Ce sont nos actions qui sont utiles. Ce qui se passe après, c’est toujours trop tard. Les foules se déchaînent pour réclamer le retour de la peine de mort, pour réclamer des châtiments impitoyables…. Il est trop tard les amis. Tout crime mérite punition, il est vrai. Mais avant, avant que Madison et Mathias, ne finissent avec un mouchoir dans la bouche, avant que la nounou noire et l’enfant qu’elle gardait ne finissent avec une balle dans le cœur… Parler à nos enfants de cette folie de certains hommes, ne jamais jamais laisser passer un seul propos xénophobe, avoir le courage de l’ouvrir parfois quand on parle de pédés, de mongoliens, de bougnouls, de nègres, ne pas laisser passer ces mots-là. Ce ne sont pas des FAITS DIVERS, qui ont eu lieu en ce début de mois de mai, mais de vrais CRIMES. De vraies HORREURS. Des DRAMES. Et cela n’a rien à voir avec des FAITS et surtout pas divers. Le divers banalise, allège. On n’oserait pas parler d’horreurs diverses, de drames divers, de crimes divers. MEFAITS SURTOUT PAS DIVERS.

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05 mai 2006

ON EN PREND D'AUTRES ET ON RECOMMENCE POUR VOIR...

Ce soir, je change de boutique. Je me casse de France Télécom et je largue la Livebox et Wanadoo. Ce soir, je me cable. Je numéricable. Premier avantage, je vais économiser mon abonnement FT qui me sert plus à rien. Deuxième avantage cet abonnement qui creuse un trou d’au moins 80 euros tous les mois sur mon compte, va prendre fin. Troisième avantage, les tdc auront je sais pas combien de chaînes de télé à « mater » ; et je ne suis pas sûre que ce soit un avantage…. J’espère que ce sera vraiment un avantage et que ça pourra marcher sans galérer, que je n’aurai pas de coupure, que je ne vais pas merder tout le week-end pour avoir la wi-fi…Si je ne reviens pas d’ici lundi, ce sera mauvais signe, signe que numéricable, wanadoo, free, et tous leurs potes ont beau faire toute la pub qu’ils veulent… Bon je critiquerai en temps voulu.

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03 mai 2006

MELI-MELODIE

Ce soir moment de détente et de bonheur. Chanter et oublier tout les soucis. Respirer. Chasser la grisaille. Gospels, chants yiddish. 3 heures de bien-être.

Do… pour ne plus penser

Ré… pour me sentir allégée

Mi…pour sourire à nouveau

Fa…pour les larmes qui sèchent

Sol…pour quitter le réel

La…pour n’être que soprano

Si… pour la méli-mélodie…

 

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02 mai 2006

VIVEMENT DEMAIN

Il n’était pas facile ce lundi matin, d’ailleurs c’est vrai c’était un mardi. Pas facile de ne pas raconter. C’est rare que je ne parle pas. Mais ce matin, je ne pouvais pas. J’ai bu mon café doucement en écoutant les autres. J’ai laissé un message pour dire que je n’irai pas chanter Je suis remontée m’occuper de mes « morts » en silence. On appelle ça des individus. Tous ces os à trier, à mettre en poche, toutes ces dents, ces sacrums, ces bassins, toutes ces vies mélangées devant moi. Heureusement pas d’immatures, j’aurais eu du mal… Il y a quelques jours, un collègue a trouvé une sépulture avec une femme morte en couche avec son bébé. Tout le monde s’arrétait dans la salle de lavage pour regarder ce squelette si minuscule. Un fémur de nouveau-né, c’est incroyablement petit. Les omoplates qu’on appelle maintenant des scapula pour faire plus pro, d’ailleurs on ne dit plus des rotules mais patela mais ulna, mais fibula. Trop classe ! Bref tout ça, ce matin, ça ne m’a pas mise en joie. Je pense qu’il y a longtemps qu’on ne m’avait pas vue aussi muette et peu souriante. Mais je sentais que si j’ouvrais la bouche, si je parlais, j’allais fondre en larmes. Le collègue qui bossait derrière moi a fini par parler aux silex qu’il marquait, tellement il s’emmerdait de ce silence…Mais bosser sans parler ça fait psychoter, les idées noires tournent en rond entre les neurones, la matière grise tourne au vinaigre, et le sel des larmes retenues pèsent dans les paupières. J’ai fini par aller m’isoler pour laisses couler tout ça, dans les toilettes au cas ou l’inondation prendrait des proportions démesurées. Après il faut attendre de plus renifler, pleurer fait couler le nez, on le sait bien. Puis il faut attendre que les yeux ressemblent plus à ceux d’un lapin albinos, pleurer ça fait rougir les yeux. Puis il faut attendre d’être sûr qu’il n’y a plus de larmes, pleurer ça fait pleurer encore plus.

Le repas de midi, à écouter les autres a fini par me distraire de mes idées grises. Le sourire et les yeux verts de l’un de mes charmants collègues aussi. J’ai fini par lui sourire aussi. Ca ne change rien à la situation, mais ça fait du bien. J’ai évité les conversations avec les copines aujourd’hui, je n’avais pas envie de raconter.

Demain je pourrai enfin aller à la banque pour chercher un peu d’argent. Ouf ! Demain soir il y aura du nutella sur les tartines, des tartines même, du beurre,  je boirai un litre de thé et même je vais acheter des chocos prince, mettre du lait au frigo, et demain soir après la chorale, je mangerai des chocos avec un grand verre de lait froid. Et aussi  j’achèterai des steaks hachés pour les tdc, parce que le poisson, là, ils commencent à trouver ça chiant. Et puis j’ai épuisé mes idées de sauce.

On va s’en sortir. Mais ça sera dur, c’est pas ma première galère, et malheureusement ce ne sera pas la dernière…

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01 mai 2006

FAIM DE WEEK-END


J’ai envie de dormir. J’ai faim. J’ai encore envie de pleurer. Pourtant, j’ai dormi. Pourtant j’ai mangé. Pourtant j’ai pleuré. Epuisée comme si je n’avais pas dormi. Nauséeuse comme si j’avais trop mangé. Au bord des larmes comme si je n’avais pas pleuré. 72 heures à penser, réfléchir, compter. Je me souviens d’une émission sur canal plus il y a quelques années où JP Coffe devait faire un marché de week-end avec 200 francs. J’ai fait la même chose mais avec 3 euros et 3 tickets resto. Cela suffit pour acheter le pain et des oignons. Pour le reste, un congélateur, un frigo, un placard. Des boîtes de conserve, des légumes surgelés, des aromates, et du poisson surgelé. Vendredi soir Pizzas Domino offre fidélité, 2 pizzas 4 personnes pour le prix d’une. Malin. Et une grosse soupe à l’oignon. Samedi midi, ouf il reste de la soupe à l’oignon. Ouf il reste de la pizza. Pour moi ,c’est juste le bouillon, j’ai des réserves des kilos à perdre et je ne fais pas pitié. Samedi soir nous sommes deux seulement, et nous inventons une recette de saumon sur lit de tomates concassées leader price et crème fraîche et confiture d’oignons accompagnée de spaghettis. Dimanche midi, encore spaghettis, tiens j’avais oublié cette farce dans le coin du congélo, avec l’autre boîte de tomates, nous arrivons presque à une bolognaise. Un thé me suffit. Dimanche après-midi, réunion asso, encore un bon thé avec les gâteaux qui traînent sur la table, et j’aurais calé mon estomac pour le soir. Dimanche soir, saucisses frites, dévorées pas les tdc, qui heureusement aiment les patates même vieilles. Lundi midi, les tdc ont fait leur cuisine. Farine, eau, sucre, fleur d’oranger, comme je le leur ai montré samedi pour le goûter = crêpes. Ils ajoutent du chocolat fondu et du beurre. Se disputent parce qu’ils veulent tous les deux leur délicieuse préparation. Quand je finis par me lever, la cuisine colle parterre, colle sur le plan de travail, colle sur la poignée du frigo… Ils m’ont laissé deux crêpes et ont préparé une tasse de tisane orange verveine pour moi car plus de thé. Cet aprèm ils ont même fait fondre du chocolat noir, et préparé un gâteau. TDC3 me précisant qu’ils avaient fabriqué du lait avec de la farine et de l’eau. Donc même recette que les crèpes avec chocolat en plus et cuisson au micro-onde. En tout cas ça cale. Pour ce soir j’avais gardé du saumon des oignons de la tomate, quelques carottes en tagliatelles, du riz du 4 épices. « Ca sent gavas bon ! » dixit TDC 3.

Plus forte que Coffe et son week-end à 20 euros, plus bio que Sonia Dubois et son slim fast, plus inter-actif que Ginette Mathiot et sa cuisine pour tous. Avec moins d’argent, plus de larme et d’imagination, j’ai tenu 72 heures.

Plus fatiguant aussi, plus démoralisant aussi, plus pitoyable aussi.

Ce soir je me suis excusée auprès des tdc de toutes ces larmes, toutes ces crêpes, tout cet oignon, tous ces non je ne peux pas.

Je n’attendais pas WonderMarie. Elle est venue faire un petit débriefing de joli week-end. Elle est bronzée. Elle est radieuse. Elle m’a fait du bien de son sourire. Elle m’a serrée fort et m’a dit qu’elle m’aime fort. Elle sait ce que c’est tout ça.

 

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ASSOCIANTION DE BIENFAITEURS ?

J’ai toujours dans mon sac, outre le Petit Prince et le livre en cours de lecture, quatre carnets et un agenda. Je suis une maniaque des pense-bête et notes diverses. Il y a même un des carnets qui s’appelle « Penser à ne pas oublier ». A l’origine l’agenda est professionnel, le petit carnet rouge pour les courses et les numéros de tel vite notés, le clairefontaine orange pour les idées de notes sur le blog ou les pensées diverses, le vert pour les bouquin prétés, et les titre de bouquins ou de cd à acheter ou télécharger, et le vert donc « pour penser à ne pas oublier ». T’as vu un peu la fille super organisée. Normal, elle a passé un DUT de documentaliste, la fille il y a 25 ans… Le truc c’est qu’il y a tellement de bazar dans le sac qu’elle ne sort jamais le bon carnet. Résultat y’a des rendez vous dans tous les carnets, des idées de notes dans le vert et le rouge, des numéros de téléphone dans le bleu, et ainsi de suite. Résultat : un rendez-vous chez le dentiste raté, des bouquins qui se baladent elle ne sait pas trop où et aujourd’hui un ratage de réunion de l’asso. Ce dimanche, donc c’est l’esprit léger que j’envisageais le déroulement de la journée. Grasse matinée avec mon seul TDC présent, puis ramassage de mes filles qui par chance avaient choisi de passer la nuit dans les mêmes banlieux. Puis brunch de fauchés avec tous les restes de fond de placard frigo congélo. Puis, le portable me tire de ces palpitants projets… Il paraîtrait que, n’ayant pas ces jours-ci consulté mes 4 carnets, j’aie zappé le rendez-vous du 30 avril pour une réunion de notre asso au Burkina. Et comme je n’écoute jamais ma messagerie fixe, j’ai aussi zappé le rappel de convoc de la présidente… C’est donc vers 16 heures que j’ai pointé le bout de mon nez au milieu d’une réunion déjà bien entamée. J’essaie de raccrocher les wagons avec peine. Il semblerait que tout le monde soit d’accord pour aider Dimitri dans sa scolarité et les soins médicaux dont il aura besoin, durant les 5 prochaines années. Nous allons aussi continuer d’aider l’orphelinat et les enfants atteints du SIDA. Tout semble concorder dans nos projets. Sauf. Sauf ce petit détail présenté il y a peu par deux des membres de l’asso. Il est question d’une amie dont des amis fortunés souhaiteraient apporter une aide financière dans le domaine humanitaire. Cette « société » car il semble que c’en soit une souhaite rester anonyme serait une sorte de mécène pour nous et pour notre asso. Les deux membres parlent d’une fondation. J’avais la dernière fois parlé de mon inquiétude à voir la puissance de l’argent s’immiscer dans notre petite structure. Jusqu’ici nous avons mené nos projets à bien, juste avec le fruit de nos ventes, de nos actions ponctuelles de nos déplacements perso au Burkina. Nous avons maîtrisé notre désir d’écoute de ceux que nous aidions. Cette fois-ci, même si j’arrive avec quelques heures de retard, je donne tout de suite et à nouveau mon avis plutôt défavorable à ce projet. Qui plus est j’ai du mal à accepter de donner ma confiance à un « généreux donateur » qui veut absolument rester anonyme. Je demande si tout de même en tant que bureau de l’asso nous pourrions le rencontrer. Il m’est répondu que non. Il faut donc que nous donnions notre confiance et que nous fassions un projet que nous allons donner à un inconnu total. Tout cela me semble totalement illogique. Nous sommes 10 autour de la table. Je vois 3 visages se fermer face à moi quand je m’exprime, 3 autres voix viennent se joindre à la mienne, 3 autres se taisent. L’on m’avertit que je vais entendre des paroles dures. L’on me les assène avec tout autant de dureté. Elles sont bien envoyés je dois le reconnaître. Mais elle ne me feront pas changer d’avis,ni même me taire. Je n’ai pas envie de ce pouvoir de l’argent. Notre asso comme elle est me convient. Elle aide peu d’enfants avec cœur. Chacun de nous 10 est différent et jusqu’à présent c’est ce qui a fait notre richesse. Nous avons su nous écouter et nous entendre. Depuis huit ans, quelques enfants, là-bas, vont mieux, mangent mieux, vivent mieux, parce que le temps que nous donnons pour eux nous apporte les moyens de cette aide. On peut toujours faire plus ou mieux. Pourquoi cette idée subite que ce n’est pas assez et que cette manne céleste nous permettra de faire assez. Je sens sur l’un de trois visages, celui qui a parlé dur, je sens un certain mépris. J’entends dans le regard « immobilisme, frilosité ». Alors j’explique que donner ma confiance à des inconnus qui veulent le rester ne serait pas un problème si cela n’engageait que moi. Mes mots sont sûrement trop simplistes. Mais le problème l’est aussi. Si nous donnons notre accord et notre confiance au généreux donateur, et que nous mettons en place un projet et que par malchance le GD disparaît, notre vie personnelle changera-t-elle ? Non. Nous nous continuerons de bosser, manger, sortir. Mais les enfants que nous aurons impliqué dans notre projet que deviendront-ils eux ? Ce n’est pas notre avenir que nous engageons, mais le leur. Alors je suis frileuse et immobile. La présidente qui fait partie des 3 visages fermés, clôt la discussion, et propose que l’asso se scinde en deux. Les frileux et les audacieux. Puis dans une ambiance plombée, nous préparons nos prochaines ventes.

Notre asso existe depuis 8 ans. Elle n’avait jamais connu de crise. Je crois que nous y sommes. Même si j’étais un peu la fou la merde du groupe, je ne m’étais jamais sentie très soutenue ou timidement. Je sais que notre présidente tombe de haut ce soir, et je ne sais si elle arrivera à accepter la contradiction et le fait que pour une fois il n’y ait pas eu que mon non. Je ne sais aussi si notre amitié y résistera. Tant pis. Le risque est pris.

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29 avril 2006

MERE DE FOOTBALLEUR


 

Le vent était glacial cet après-midi, malgré le soleil. J’étais de mauvaise humeur. Il est vrai que vue de la terrasse, ce 29 Avril semblait estival. Mais vu de la pelouse du stade, il n’était même pas printanier. Je n’aime pas avoir froid, je n’aime pas savoir que je vais devoir rester deux heures immobile, frigorifiée dans ma veste, le col remonté jusqu’aux oreilles. Les mères de footballeurs de l’équipe adverse avaient investi les deux petites loges pour se protéger du vent. J’ai donc posé mes fesses à deux mètres d’elles pour profiter de l’abri. Le foot et le sport en général n’étant pas ma cup of tea, je ne suis jamais très enthousiaste, sur les bords de la touche. Cet aprèm, j’avais pour voisines des mères investies de leur mission de supportrices. En hiver les pères sont plus nombreux à accompagner leurs petits génies du foot. Toujours accrochés à la ligne blanche qui délimite l’accès au terrain, ils managent les leurs, trépignant dans leurs baskets qui ne courent jamais. Dès les beaux jours, ces dames ressortent le bout du nez, pour profiter du soleil.  Et là elles étaient très très en forme ! « Casse-le, tue-le, pète-lui les jambes… » C’est fou comme c’est plein de tendresse une mère de footballeur. Langage guerrier. Encouragements à la violence. Vociférations. Dignes femmes des pères de footballeurs, les mères de footballeurs ne font pas dans la dentelle non plus. J’avais déjà répondu aux premiers encouragements à la violence que « c’était sûrement ça l’esprit  du sport qu’on inculquait aux enfants dans cette équipe… » Quand TDC2 a posé ses crampons sur le terrain et qu’il a touché son premier ballon, et que des « Allez Sam » ont fusé, j’ai bien entendu la petite phrase « Ah ce Sam, il est pas du pays !!! » et quelques rires. Avez vous déjà vu les babines de la mère louve se retrousser sur ses canines, ou les griffes de la mère lionne sortir de leurs coussins quand un danger survient pour les louveteaux ou les lionceaux ?  Il n’est pas évident dans le cas prèsent que la petite ronde blanche aux yeux verts soit la mère du grand black aux yeux noirs. Si la mère du grand black était black, on parlerait moins fort. TDC3 qui m’accompagnait a elle aussi senti ce qui allait suivre. Alors elle s’est levée, et crié « Allez SAM, allez mon frère ! »  et elle m’a dit « comme ça ils oseront plus dire de trucs sur lui.. » . Je suis restée sur le qui-vive tout le match, canines et griffes en éveil. Entre mères on peut-être se comprendre même si on est mères de footballeurs. Ce soir, mes TDC filles nous ont abandonnés, mon footballeur et moi. Après un petit repas en tête préparé à deux, je lui ai accordé une soirée finale au Stade de France PSG-OM. Il m’a dit que « ça allait jouer rapide » et j’ai eu droit au commentaire du classement du Championnat. Je me délecte donc présentement du savoureux commentaire de Larquais et son acolyte qui n’ont rien à envier à Nelson Monfort et Candelero. Je vais donc essayer de me concentrer sur le jeu, pour pouvoir refaire le match tout à l’heure avec mon fils….

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24 avril 2006

JOLIE GAZELLE

BIENTOT  LA JOLIE GAZELLE  AURA  17 ANS.

 

UNE JEUNE FEMME GAZELLE. HIER ELLE COURAIT DANS L’HERBE DEVANT  LA MAISON AVEC
SON LABRADOR QU’ELLE TRAITAIT COMME SON CHEVAL, LE METTANT AU PAS AU TROT AU GALOP. ELLE N’A JAMAIS REUSSI A LE FAIRE HENNIR.
HIER ELLE MARCHAIT SUR LES MAINS DANS LES ALLEES DES MAGASINS.
HIER ELLE COLLECTIONNAIT LES CAILLOUX ET LE CRIN DES QUEUX DE CHEVAUX.
HIER ELLE AIMAIT LES ROBES QUI TOURNENT ET MARY POPPINS.

  LA JOLIE GAZELLE A VOULU CHERCHER CELLE QUI L’AVAIT PORTEE NEUF MOIS EN ELLE. ELLE A TROUVE QUELQUES MOTS  DANS UN DOSSIER ROSE.LA FEMME AVAIT UN PRENOM. LA JOLIE GAZELLE A SU QU’ELLE AVAIT 6 FRERES ET SŒURS QUELQUEPART, QU’ELLE AURAIT PU S’APPELER SABRINA, QUE LA FEMME TRAVAILLAIT DUR, ET QU’AUJOURD’HUI ELLE EST AGEE. CE N’ETAIENT QUE QUELQUES LIGNES, SI PEU POUR UNE HISTOIRE, MAIS LA JOLIE GAZELLE A DIT : « J’AI ENVIE DE FAIRE LA FETE".

LA JOLIE GAZELLE GARDE EN ELLE L’ENVIE DE RETROUVER CELLE QUI L’A PORTEE. ET TOUS CES FRERES ET SŒURS. ET CE PERE AU SENEGAL.

JE NE SAIS PAS LA SOUFFRANCE DANS LA TETE DE LA JOLIE GAZELLE . JE NE ME DONNE PAS LE DROIT DE PENETRER DANS CETTE HISTOIRE. ALORS J'ATTENDS QU'ELLE EN PARLE.

 

CETTE SEMAINE

LA JOLIE

GAZELLE

ETAIT SEULE AVEC MOI.
LE SOIR ELLE S’ETENDAIT CONTRE MOI.

ET COMME QUAND ELLE ETAIT UNE TOUTE PETITE GAZELLE, ELLE DEMANDAIT DES CALINS DANS LE DOS. ALORS J’AI DESSINE DES BATEAUX, DES ESCARGOTS, DES MAISONS, DES LEZARDS, J’AI ECRIT DES JE T’AIME , DES MAMAN, DES MARIA, DES PAPILLONS.

ET

LA JOLIE

GAZELLE

LES A DEVINES COMME HIER.

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POUR LUI LA-BAS DANS LA LUNE

DEJA PUBLIE AILLEURS MAIS ...

J’ai souvent eu l’idée de faire une note sur « mon papa pierrot de la lune ». Mais j’ai toujours choisi d’autres sujets.

Je la voudrais belle, j’ai peur de le rendre médiocre. J’en suis à la quatrième phrase et j’ai les yeux remplis de larmes, ma gorge se serre de sanglots. Rien de triste dans mes larmes. Juste la peur de ne pas savoir traduire cet amour-là. Tant de mots pour lui me viennent. Je ne sais ni comment commencer, ni par quel moment.

Il faudrait presque ouvrir une rubrique… mélimélodialogue avec un Pierrot lunaire…

Commencer par les derniers mots que je lui ai offerts.

Dans une église. Un matin du 3 novembre 2000. Juste à côté de lui. Sans fleurs ni couronne. Juste un bouquet de fleurs de son marais aimé. Pas de crucifix. Juste la petite croix de bois fabriquée par Samuel et posée par lui seul, pour dire merci pour les 6 ans d’amour d’un grand-père à son petit-fils. Juste le bouquet de fleurs de baobab, noué d’un morceau de pagne, posé contre lui avant qu’on l’enferme puisque j’étais seule encore un moment avec lui…

Je ne voyais que mon petit bristol, mon écriture majuscule pour bien lire malgré l’émotion, comme la bonne élève appliquée que j’avais été, pour LUI. La foule silencieuse m’écoutait mais lui ne pouvait plus m’entendre.

« PAPA. TOI ET MOI NOUS NE SAVIONS NOUS OFFRIR QUE DES LIVRES AVEC PARFOIS UNE PETITE DEDICACE. VOICI MON DERNIER CADEAU POUR TOI.

HIER SOIR, J’ETAIS DANS TON BUREAU. COMMENT TE DIRE AU REVOIR ? EN FACE DE MOI DANS TA BIBLIOTHEQUE TES LIVRES SE SERRAIENT LES UNS CONTRE LES AUTRES. COLETTE ETAIT COLLEE A ALBERT COHEN ET DAPHNEE DU MAURIER. PASCAL SE SERRAIT CONTRE PENNAC ET PIAGET JUSTE SOUS BEAUMARCHAIS. J’AI COMPRIS COMBIEN TU ALLAIS LEUR MANQUER. HEUREUSEMENT, TOUT PRES D’EUX S’EMPILAIENT DES FEUILLES DES CARNETS, TOUS REMPLIS DE TON ECRITURE ET DE TES MOTS.

SI TES GESTES TENDRES ETAIENT RARES ET PLEINS DE PUDEUR, JAMAIS JE N’AI DOUTE DE TON AMOUR, CAR LES TEXTES QUE TU ECRIVAIS METTAIENT TON CŒUR A NU. ILS DISAIENT LA DUNE, LA VAGUE, L’ADOUR ET J’ENTENDAIS Je vous aime, aimez-moi…. TU M’AS TRANSMIS CET AMOUR DES LIVRES ET DES MOTS ET JE TE REMERCIE. COLETTE ET PASCAL NE RESTRONT PAS COLLES L’UN A L’AUTRE LONGTEMPS. ILS VOYAGERONT DE TA BIBLIOTHEQUE A LA MIENNE, A CELLE DE MICHEL, DE CARO ET DE LOLO.ILS IRONT DE BORDEAUX A MONTPELLIER, D’UN SAC A DOS A UN SAC DE PAILLE ET REVIENDRONT A HOSSEGOR RETROUVER TON BUREAU. J’AVAIS HATE DE TE PRETER La poussière du monde DE Jacques Laccarrière. MAIS CES DERNIERS TEMPS TU N’ AVAIS PLUS ENVIE DE LIRE. TU DISAIS PLUS TARD… A MON RETOUR… CHAQUE CHOSE EN SON TEMPS… JE CROIS QUE TU AURAIS AIME CE QUE JE VAIS LIRE. »

La poussière a-t-elle vraiment quelque chose à nous dire ?

Serait-elle la parole ou le souffle que prendrait le temps pour survivre et les empires d’antan pour nous informer, hâtivement, tardivement selon les cas, de leur effritement ? Aurait-elle une mémoire à la façon des cendres, des cendres des amants incinérés ensemble, de ceux « qui se sont aimés pendant leur vie et se font inhumer l’un à côté de l’autre » et qui ne sont pas « aussi fous qu’on le pense. Peut-être leurs cendres se pressent s’emmêlent et s’unissent… Que sais-je, n’ont elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état, peut être ont elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière… Il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m’unir, de me confondre avec vous quand nous ne serons plus,s’il y avait dans nos principes une loi d’affinité, s’il nous était réservé de composer un être commun, si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous, si les molécules de votre amant dissous avaient à s’agiter, à s’émouvoir et à rechercher les vôtres, éparses dans la nature »

Ce Texte si beau, si émouvant est extrait de « La poussière du monde » de Jacques Lacarrière et les citations entre guillemets sont extraites de Lettres à Sophie Vollant de Diderot.

 

Je crois bien que je vais ouvrir cette rubrique sinon ce sera trop long. Je ne peux pas faire court.

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23 avril 2006

LA BRANLETTE SUISSE

Certains la connaissent déjà, je l'avais évoquée ailleurs

 

 

Voici la technique de la branlette suisse tout droit sortie de l’imagination de la mélimélo, rochersuchardologue assermentée et agréée par les plus grands chocolatiers suisses.

ATTENTION RISQUE D’ACCOUTUMENCE.

LA BRANLETTE SUISSE NE TUE PAS.

LA BRANLETTE SUISSE NE PROVOQUE PAS DE CANCER DES POUMONS.

LA BRANLETTE SUISSE NE REND PAS STERILE ET N’AFFAIBLIT PAS LE TAUX DE SPERMATOZOIDES.

LA BRANLETTE SUISSE NE REFILE PAS LE VIRUS HIV

 

Matériel : 1 pack de 7+2 rochers Suchard

 1 verre d’eau

 1 meuble à tiroirs

 1 bâton de sucette

 1 bouquin

Facultatif : 1 bassine

 

L’envie d’une branlette suisse peut vous surprendre à n’importe quelle heure de la journée, et n’import’où.

Vous pouvez y résister. Mais c’est déconseillé.

Elle survient souvent lors de coup de blues ou de moments de solitude. Comme la plupart des branlettes elle se pratique en solitaire.

Vous devez vous installer confortablement dans un canapé un fauteuil ou un lit pour prendre votre plaisir en toute quiétude.

Auparavant vous serez passé au rayon confiserie du supermarché le plus proche (pas de discount, ils ne font pas le produit). Vous aurez choisi le plus gros pack offre promotionnelle de rochers Suchard que vous trouverez. Il existe des 5+2 et des 7+2. Vous aurez aussi résisté à l’envie de croquer dans le rocher dès la sortie du magasin.

Ouvrir le paquet. Déposer 4 rochers sur votre table de salon ou de nuit. Ranger les autres chocolat dans un tiroir de votre maison. Si possible à l’autre bout de la maison. Vous pouvez un mettre un dans un frigo, un dans un congel, un près d’un radiateur, et les autres dans des endroits tempérés.

Le premier rocher se mange vite. On n’en sent pas le goût, il passe en bouche rapidement et ne laisse pas de trace de plaisir. Le second pénètre la bouche 5 minutes plus tard et y reste un peu plus longtemps. Le bout de la langue le chatouille, titille ses aspérités, puis vos lèvres l’engloutissent, chaque bouchée reste en vous, vous la croquez lentement et l’avalez sentant le goût du chocolat sur vos papilles. Vous devez attendre encore 5 minutes avant de vous attaquer au numéro trois car votre bouche reste parfumée du plaisir du deuxième. Pour ne pas atteindre l’orgasme suisse trop rapidement vous devez varier la technique de dégustation et vous avez le droit d’être créatif. Le numéro trois donc celui qui fait durer le plaisir. Vous croquez une première bouchée que vous laissez fondre sur votre langue, votre bouche envahie de cette crème onctueuse et ainsi de suite jusqu’à épuisement. Il faut attendre un peu entre chaque bouchée pour ne pas sombrer dans l’écoeurement. Passons maintenant au quatrième. Il est très technique celui-ci. Vous devez le saisir entre vos doigts et le mordiller délicatement pour ne garder dans votre bouche que sa calotte dure. Il ne devra vous rester que le cœur du rocher entre les doigts, que vous poserez entier sur votre langue, pour le laisser fondre doucement. Il est possible qu’un début d’orgasme buccal se manifeste. Il saisit vos joues qui sont prises d’un frisson sous la caresse du chocolat.

Il faut à ce moment là essayer de surmonter l’envie de croquer immédiatement un autre rocher. Heureusement vous avez pris soin de dispatcher les rocher de ci de là dans vos appartements.

Vous devez alors vous plonger dans une lecture qui vous divertira de cette envie. Et résister tout en gardant en vous les restes de votre début d’orgasme. Vous avez tout loisir de déguster le deux suivants au rythme et de la façon qui vous sied tant que vos joues restent dans la limite du frisson minimum.

Quand vous ne pourrez plus résister à l’appel du n°8(ou 7 si vous êtes petit joueur) prenez celui que vous aviez réservé dans votre réfrigérateur et posé sur un bâton de sucette ‘ben vous devez bien avoir ça je vous avais prévenu’, et la vous pratiquez une fellation rochersuchardesque suivant la technique que vous connaissez déjà pour l’avoir déjà pratiquée sur « support vivant ».  Toutes les zones érogènes de votre bouche étant sollicitées, laissez vous aller à votre propre plaisir….

 

(N’oubliez pas que dans votre congélateur le n°9 vous attend si dans la nuit le désir se réveille à nouveau)

Buvez un peu d’eau fraîche pendant la branlette sinon vous aurez besoin de la cuvette…

 

Joyeuses Paques et n’oubliez pas que Suchard fait aussi à cette occasion des boîtes dégustation !

Posté par melimelodit à 21:03 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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